Oui, tout est dans le titre. Frede y avait déjà fait référence dans un précédent article, les vieux sont régulièrement sur le devant de la scène.
J’en veux pour preuve les 2 derniers spectacles auxquels nous avons assisté :
Le concert de Pierre Henry et la pièce "The Cradle of Humankind" de Steven Cohen. Dans ces deux cas, ils ne sont d’ailleurs pas seulement mis en scène comme dans le film de Guiraudie, ils sont carrément auteur ou acteur de leur propre mise en scène.
Pierre Henry (1927), précurseur des musiques électroniques, a réchauffé toute l’assemblée pendant plus d’une heure de concert, dans le cadre du festival "La Novela" au musée des Abattoirs de Toulouse.
Comme plusieurs des compositions issues des auteurs de cette génération, tout un jeu d’enceintes couvrait les cotés du lieu, ainsi que le fond (le concert était à l’extérieur), permettant d’accentuer les effets de déplacement du son autour du spectateur, etc. Pour le reste je vous propose de regarder cette vidéo pour vous faire votre propre idée :
[youtube width="585" height="327"]http://www.youtube.com/watch?v=aO8JG7DNnYA[/youtube]
"The Cradle of Humankind", de Steven Cohen était présenté au Théâtre Garonne à Toulouse, cette semaine. La pièce, comme beaucoup de ses performances, met en scène sa nourrice Nomsa Dhlamini, né en 1921, et venu d’Afrique du Sud pour l’occasion. Son travail traite à la fois des problématiques de racismes, de religion, de l’histoire de son pays : l’Afrique du Sud.
Au delà de ça, c’est également le corps de sa nourrice qui nous est présenté comme axe central de la pièce. Elle est montrée quasi nue, parfois en tutu lumineux, forçant l’intimité avec le public, tout en jouant de l’affection qu’il a pour elle.
Ce qui me frappe chez ses personnes, dans leurs présences, ou leurs mises en scène, ce n’est pas tant l’image de la transmission générationnelle qui est à l’œuvre – ce dans quoi ils sont souvent cantonnés –, que l’affirmation de leur présence, de leur image et de leur action sans nostalgie. Les pratiques présentées à travers eux sont actuelles, contemporaines, inscrites dans leur temps. Si certaines thématiques font références au passé, elles le sont pour regarder devant, avancer. Autant dire que dans l’imagerie actuelle, ce n’est pas si courant !
Sébastien Boullet
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Buzamiento, un blog qui parle de cinéma, de musique, de livre, d'arts plastiques, de graphisme, (...), auquel je participe. Lire le blog
Oui, tout est dans le titre. Frede y avait déjà fait référence dans un précédent article, les vieux sont régulièrement sur le devant de la scène.
J’en veux pour preuve les 2 derniers spectacles auxquels nous avons assisté :
Le concert de Pierre Henry et la pièce "The Cradle of Humankind" de Steven Cohen. Dans ces deux cas, ils ne sont d’ailleurs pas seulement mis en scène comme dans le film de Guiraudie, ils sont carrément auteur ou acteur de leur propre mise en scène.
Pierre Henry (1927), précurseur des musiques électroniques, a réchauffé toute l’assemblée pendant plus d’une heure de concert, dans le cadre du festival "La Novela" au musée des Abattoirs de Toulouse.
Comme plusieurs des compositions issues des auteurs de cette génération, tout un jeu d’enceintes couvrait les cotés du lieu, ainsi que le fond (le concert était à l’extérieur), permettant d’accentuer les effets de déplacement du son autour du spectateur, etc. Pour le reste je vous propose de regarder cette vidéo pour vous faire votre propre idée :
[youtube width="585" height="327"]http://www.youtube.com/watch?v=aO8JG7DNnYA[/youtube]
"The Cradle of Humankind", de Steven Cohen était présenté au Théâtre Garonne à Toulouse, cette semaine. La pièce, comme beaucoup de ses performances, met en scène sa nourrice Nomsa Dhlamini, né en 1921, et venu d’Afrique du Sud pour l’occasion. Son travail traite à la fois des problématiques de racismes, de religion, de l’histoire de son pays : l’Afrique du Sud.
Au delà de ça, c’est également le corps de sa nourrice qui nous est présenté comme axe central de la pièce. Elle est montrée quasi nue, parfois en tutu lumineux, forçant l’intimité avec le public, tout en jouant de l’affection qu’il a pour elle.
Ce qui me frappe chez ses personnes, dans leurs présences, ou leurs mises en scène, ce n’est pas tant l’image de la transmission générationnelle qui est à l’œuvre – ce dans quoi ils sont souvent cantonnés –, que l’affirmation de leur présence, de leur image et de leur action sans nostalgie. Les pratiques présentées à travers eux sont actuelles, contemporaines, inscrites dans leur temps. Si certaines thématiques font références au passé, elles le sont pour regarder devant, avancer. Autant dire que dans l’imagerie actuelle, ce n’est pas si courant !
Quelque chose m’échappe. Quelque chose doit m’échapper.
Se déroule actuellement à Toulouse la 21ème édition du Printemps de Septembre, un festival d’art contemporain.
Comme tous les ans, nous réservons quelques soirées pour parcourir en nocturne, les différents lieux d’exposition dispersés à travers la ville. Je le confesse, je n’ai pas vu tous les lieux. Il me manque donc « surement » des pièces primordiales pour pouvoir appréhender le festival dans son ensemble.
Mais quand même, je comprends de moins en moins les plasticiens – je suis pourtant issu d’une formation d’Arts Plastiques, même si aujourd’hui je n’en fais pas mon métier.
Cette année le festival invite également des étudiants d’écoles d’art. Nous nous retrouvons donc en présence d’artistes en formation et d’artistes confirmés. Mais dans les deux cas, à la vue du travail présenté, je m’ennuie – et je pèse mes mots. N’y a-t-il rien de nouveau à montrer ? Aucun geste n’a été inventé depuis plus de 50 ans ? Les œuvres présentées lors du festival, ont été, dans leur grande majorité, réalisées ces 15 dernières années. Mais on a l’impression de voir et revoir constamment la même chose et pire de moins bonne qualité. On sent bien l’influence de la peinture des années 1950 ou 1960, mais nous sommes en 2011 – même s’il est plaisant de revoir les toiles de Gutaï. Autre exemple, le travail de Karla Black, qui reprend purement et simplement le geste et le travail de Wolfgang Laib, en exposant un grand aplat de farine au sol. De même que viennent faire au Château d’eau (un des lieux d’expositions) ces tapisseries de Dom Robert, nous parlons ici d’art contemporain, nous nous retrouvons avec une pratique qui ne renouvelle rien, qui n’interroge rien, bref qui reste bien pauvre.
Il y a quelque chose d’apathique dans ces pratiques artistiques. Il semblerait que l’artiste s’ennuie autant à faire son œuvre, que nous à parcourir les différents lieux.
Il faut quand même exclure de toutes mes critiques (ouf !) le travail exposé aux Beaux Arts de Edith Dekyndt « L’ennemi du peintre », mélangeant science, dessins, couleurs, fleurs, histoire…
Pour être honnête, je n’exclue pas d’avoir mal compris quelque chose, peut-être de manquer de pratique. Mais il me semble que d’autres domaines tel que la danse, le graphisme – qui se veut pourtant une pratique plus commerciale – sont bien plus inventifs, et proposent de nouvelles normes de leurs propres codes, de nouvelles formes, pour interroger leur environnement.
Le Printemps de Septembre à Toulouse – 2011
Epic Exquisite Corpse, est une réalisation de Xavier Barrade.
Vous connaissez certainement tous le principe des cadavres exquis, mis en place par les surréalistes dans les années 1920. Une première personne commence un texte, la seconde le continue sans connaître ce que la première à écrit et ainsi de suite.
Le principe est ici identique, mais utilise le dessin et internet comme médium.
Une première personne réalise son dessin, puis une seconde vient se greffer à coté, ceci jusqu’à remplir tout l’espace… Seule contrainte, votre dessin doit être relié aux autres. Si vous décidez de cliquer sur « Draw », une zone libre est agrandie, vous ne voyez plus que des points d’accroche des dessins voisins auxquels vous devez vous relier pour réaliser votre œuvre. De cette manière les dessins forment un tout homogène.
Ici, tout le monde peut participer, il n’y a pas d’inscription, le processus est donc rapide.
A vos souris (ou palettes graphique…) !
Epic Exquisite Corpse
Gaston est de retour. Enfin il est de retour depuis 1 an environ, mais moi je viens de terminer le roman, donc de mon point de vue, il est juste de retour.
Gaston, c'est le héros de « Cantique de la racaille, opus 2 », écrit par Vincent Ravalec et paru aux éditions Fayard.
Si opus 2 il y a, on peut se douter que l'opus 1 existe - vous pouvez lire le second sans avoir lu le premier, mais ce serait quand même dommage de ne pas l'ouvrir. C'est d'ailleurs dans ce premier tome qu'est né le personnage de Gaston, obnubilé par l'argent, ses affaires et ses magouilles. Dans ce nouveau tome, on retrouve également Bruno en camé fini, qui tente d'amadouer Gaston afin de recommencer les vieilles combines d'antan et Marie-Pierre, son ancienne compagne, qui désire simplement couper les ponts.
Cette nouvelle histoire s'ouvre sur la sortie de prison de Gaston. Il est moins en phase avec le monde après son séjour à l'ombre, mais plus réfléchi et compte bien se refaire. En prison, il a rencontré Hepner, qui lui a inculqué une nouvelle manière d'être et de percevoir son environnement, de façon plus philosophique, "métaphysique". Ce sera le point de départ de ses nouvelles aventures et c'est là tout le charme de Ravalec.
Son écriture efficace nous permet d'avancer aussi frénétiquement, que le héros enchaîne les plans scabreux. On voit ainsi Gaston devenir paparazzi, commissaire d'exposition (de godemichés), agent secret, etc., ne comprenant qu'à la fin (oui, forcément...) ce qui gouverne l'ensemble. On le suit tout le long de sa cavale (schéma récurent de l'auteur), de ses affaires, sur un fond de paranoïa et de machination.
C'est là le point commun de beaucoup de récits de Vincent Ravalec, cette faculté qu'il peut avoir à embarquer son lecteur dans des histoires alambiquées, au récit assez complexe, mélangeant des références au réel, au surnaturel, à la religion, à l'imaginaire tout en restant cohérent et toujours jubilatoire. Le chat Ravalec retombe à chaque fois sur ses pattes !

